La formule de la Paix de Dominic Rohner

La construction de la paix est depuis longtemps l’une des questions politiques les plus importantes. Vers 1259 av. J.-C., une quinzaine d’années après la coûteuse bataille de Qadesh, le pharaon Ramsès II et le roi Hattusili III tentent d’organiser une paix durable entre les empires égyptien et hittite par le « traité de Qadesh », qui, outre une reconnaissance mutuelle, interdisait de nouvelles agressions et organisait le retour des réfugiés et des opposants politiques ! Économiste spécialisé dans l’étude des conflits, l’auteur de ce livre nous livre ici sa « formule de la paix ».
Après avoir décrit les effets funestes de la guerre, qui ne laisse que des perdants, il analyse efficacement l’« origine du mal », c’est-à-dire, pour l’essentiel, pourquoi la pauvreté « est la mère de la révolution et du crime », selon les mots attribués à Aristote (384-322 av. J.-C.). Une fois un conflit déclenché, sa durée et ses conséquences deviennent imprévisibles, tandis que ses effets destructeurs, personnels et transgénérationnels, persistent durablement, y compris dans les psychés.
Or, dans son travail universitaire, l’auteur s’efforce, année après année, d’analyser pourquoi certaines sociétés tombent dans des « pièges de guerre », où violence, méfiance et pauvreté s’entretiennent mutuellement, tandis que d’autres parviennent à instaurer une paix durable. Face à un tel fléau, ce d’économie à l’Institut de hautes études internationales et du développement de Genève ainsi qu’à l’Université de Lausanne, propose, en treize chapitres, des actions volontaires tendant à enrayer la guerre. De ses observations, il tire ici une « formule de la paix », dont il simplifie pour nous la présentation.

Nombre de ses conclusions vont à l’encontre des idées négatives qui deviennent toujours davantage l’enjeu central des élections dans nos démocraties : accueil des réfugiés, travail organisé en faveur de la confiance et de la réconciliation, stimulation de l’économie des groupes en conflit, mais surtout garantie de la sécurité, y compris depuis l’extérieur ; tout cela ne pouvant réussir que si un système politique est favorisé par rapport à tous les autres : démocratie, démocratie, démocratie…
Pourquoi, pour une fois, ne pas écouter quelqu’un qui fait partie de ceux qui réfléchissent vraiment à ce qui conditionne la vie humaine depuis des dizaines de milliers d’années : la guerre !
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