L’égypte ancienne, livre de Campbell Price aux édition Quanto, 14,90 euros.

Le livre « L’Égypte ancienne »
de Campbell Price

Cléopâtre est plus proche de nous, qu’elle ne l’est des débuts de la civilisation égyptienne. C’est dire si prétendre présenter en un seul livre cette civilisation, qui débuta vers vers 3100 avant notre ère avec l’unification de la Haute Égypte et de la Basse Égypte par le roi légendaire Narmer et disparut avec la conquête romaine en 30 avant notre ère, est une entreprise osée. Pour autant, si l’on demande à un spécialiste des objets égyptiens, familier par-là de leur vie quotidienne, on peut espérer l’extraction pour nous de traits invariants et essentiel de cette immense nappe culturelle.
Conservateur au département des antiquités égyptiennes et soudanaises de l’université de Manchester, l’auteur a relevé ce défi en répondant à 10 questions piquantes. «Pourquoi y a-t-il autant d’antiquités égyptiennes hors d’Égypte ? », par exemple. Pour répondre simplement : à cause des suites de la brutale et criminelle invasion de l’Égypte ottomane par la France révolutionnaire et de l’engouement que cela a entrainé, dont l’Égypte profite encore…

L’égyptologue Campbell Price, de l’Université de Manchester, en Haute Égypte (C: Campbell price).

« Comment rencontre-t-on un Dieu?» En visitant un temple, penserez vous? Hé bien non, puisque les temples étaient leurs maisons, où il ne fallait pas les déranger. Dès lors, des occasions spéciales devaient être organisées par les prêtres, à l’occasion des nombreux rituels qui fondait la foisonnante vie religieuse égyptienne. Vous voulez en savoir plus? Heu, lisez le livre!
Autre exemple, « À quoi ressemblaient les anciens égyptiens? » Pas à leurs élites momifiées, ni aux personnages standardisés représentés sur les sarcophages ou les murs des temples, mais les portraits funéraires du Fayoum nous en donne des exemples touchant. Si vous ne les connaissez pas, rendez vous au Louvre pour découvrir ces images pleines de sensibilité, qui vous démontreront par la même occasion que la peinture en perspective et l’art de manier les couleurs avaient atteint pendant l’Antiquité une niveau bien plus élevé que celui auquel ils régresseront pendant le Moyen-Âge.
Bref, vous avez compris, dans un style clair, l’auteur manie tout l’art de la vulgarisation britannique pour réussir une mission impossible avec le brio d’un James Bond. Alors si vous êtes las de compter les momies dans les musées européens sans comprendre, et n’êtes pas nihiliste, vous pouvez lire ce livre et vous appréhenderez quelque chose de vivant sur l’ancien Nil.


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