
Le livre « L’énigme Denisova»
Présenter son propre livre est immodeste, mais je me permets de le faire. Comme le montre bien la couverture, cet ouvrage rend compte de la vaste enquête qu’avec ma complice, la paléoanthropologue Silvana Condemi du CNRS (émér.), j’ai menée pendant plusieurs années pour proposer notre solution à l’« énigme Denisova ».
Quelle énigme ? Elle est entièrement et habilement représentée par une seule image de notre éditeur Albin Michel sur la couverture : à qui appartient le génome non néandertalien, non sapiens que l’on a découvert en 2010 dans un bout de phalange issue des fouilles de la grotte Денисова, c’est-à-dire « fille de Denis » ou, si vous préférez, Denisova ? Cette grotte se trouve dans la République de l’Altaï, où vivent aujourd’hui surtout des populations d’ethnie turque. D’après ce que nous avons découvert, elle a constitué une sorte de baraque de douane entre deux immenses pays, celui des néandertaliens et celui des dénisoviens. Car la forme humaine dont un premier génome a été découvert en 2010, puis ensuite plusieurs, est en Eurasie orientale ce que les néandertaliens sont en Eurasie occidentale, comme nous l’avons mis en évidence en accumulant les indices paléontologiques, génétiques, géologiques et biogéographiques. Bien entendu, nous ne sommes pas les inventeurs de cette « espèce », mais plutôt deux amis scientifiques qui ont tenté de cristalliser, de poser sur un inventaire systématique d’indices et de déductions, ce qui était déjà ambiant chez de nombreux chercheurs.
Notre enquête nous a permis de formuler des explications logiques à de nombreux faits étonnants, comme par exemple le fait que certaines populations négritos d’Asie du Sud-Est ont jusqu’à 5 % d’ADN denisovien, le fait que les tribus aborigènes d’Inde ont plus d’ADN denisovien que les autres Indiens, et aussi de « découvrir » les fossiles dénisoviens déjà identifiés, mais invisibles sous nos yeux.
Si vous achetez une version de poche de notre livre à 9,90 euros, cela nous rapportera 5 % à deux. C’est dire que nous n’avons pas mené cette enquête pour que la dure économie du livre nous enrichisse. Nous l’avons fait pour comprendre. Alors, si vous le voulez aussi, achetez cette lecture exigeante mais, à mon avis, passionnante.
Au fait, ce livre a également été publié en Italie, aux États-Unis, en Allemagne et en Russie. Il a aussi été l’objet de nombreuses émissions et d’interviews de Silvana Condemi. À titre d’exemple, voici simplement l’article du Monde.
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