En 1935, une carte postale fut réalisée montrant les personnes présentes au café restaurant, café « Au Réveil Matin, Maison Bénazet, 113, avenue Jean-Jaurès. (C: Bibliothèque historique de la Ville de Paris)

J’ai vu l’exposition Les gens de Paris

Il ne reste plus que quelques jours pour voir l’exposition Les gens de Paris, au musée Carnavalet, puisqu’elle fermera ses portes le 8 février 2026. Ce qui m’a fasciné en la visitant, c’est que, pendant la décennie étudiée dans cette exposition — 1926-1936 —, la structure de la population parisienne présentait de grandes similitudes avec celle d’aujourd’hui.
Par exemple, les jeunes célibataires y étaient particulièrement nombreux et habitaient, comme aujourd’hui, de petites surfaces. Ils se rassemblaient, comme aujourd’hui, devant les cafés pour se rencontrer, se plaire, se mettre en couple, avoir un enfant, puis partir en banlieue, en province, ou ailleurs.
Contrairement à aujourd’hui, cependant, il y a un siècle, les petites surfaces occupées par les Parisiens se trouvaient parfois au sein de bidonvilles, qui étaient alors progressivement réduits et remplacés par des « HBM », des « habitations à bon marché ». En briques et conçues par de remarquables architectes, ces constructions — ces « cités », comme on les appelle dans le quartier de la Porte de Clignancourt — présentent toujours une grande qualité architecturale et sont très appréciées, en plus d’être esthétiques.
Leur édification fut néanmoins un drame pour les habitants des bidonvilles qu’elles remplaçaient, car ces derniers furent simplement expulsés sans solution de rechange. Souvent chiffonniers, ils accumulaient tissus et vêtements destinés, dirait-on aujourd’hui, à être recyclés. Cette situation a conduit à désigner le quartier de la Porte de Clignancourt comme devant être assaini en priorité par de nouvelles constructions, car les rats, aimant nicher dans ces tas de tissus, y entretenaient la « maladie N° 9 » — nom pudique par lequel l’administration désignait la peste bubonique.
On découvre également l’évolution des mœurs à l’époque, qui semble préfigurer celles d’aujourd’hui, ainsi que les mouvements artistiques, la présence des étrangers à Paris, l’explosion de la presse industrielle, ou encore les effets de la Première Guerre mondiale, qui poussaient les « Catherinettes » à la recherche d’un mari, et bien d’autres anecdotes fascinantes.


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